La vallée à la mode : the uncanny valley

Il y a un terme dont tout le monde parle en ce moment et qui semble particulièrement être d’actualité avec l’avènement de films comme Avatar et de jeux comme le très cinématique Heavy Rain , c’est la uncanny valley.

Alors, la uncanny valley, kézaco ? C’est un terme inventé par l’ingénieur japonais Masahiro Mori dans les années 1970 qui représente l’empathie que l’on peut avoir pour les reproductions d’êtres humains. Au départ inventé pour les robots, ce terme s’applique aujourd’hui à beaucoup d’autres médias : dessins, images de synthèse, etc. Ce scientifique, en construisant des robots humanoïdes, a remarqué que l’acceptation psychologique que l’on pouvait avoir pour ses robots était dépendante de son degré de réalisme.

Il a notamment noté que l’empathie ne se fait pas selon une évolution linéaire (plus c’est réaliste et plus c’est accepté). En effet, quand la reproduction de l’être humain devient très réaliste mais n’est pas parfaite, l’empathie chute complètement, une distance se crée et les imperfections peuvent même rendre la reproduction effrayante. Une fois ces défauts corrigés, l’être humain n’est plus capable de différencier le vrai du faux et l’empathie se reproduit à nouveau. C’est cette courbe qui forme la fameuse uncanny valley.

Uncannyvalley

Si vous voulez en apprendre plus sur le sujet avec le point de vue des jeux vidéo, je vous ai ajouté une petite vidéo et vous pouvez aussi lire cet ancien article de Gamespot.



5 Responses to “La vallée à la mode : the uncanny valley”

  1. Romain dit :

    C’est très intéressant comme notion mais je ne suis pas certain qu’elle s’explique simplement par la mise en exergue des imperfections.
    La chute brutale d’empathie est également lié à l’abandon de traits néoténiques : grands yeux, formes arrondies, proportions du crâne, comportements juvéniles, innocence.
    Il suffit d’imaginer, par exemple, une version photo-réaliste du monde de Nemo pour être convaincu qu’elle sera moins touchante que l’original.
    Dans le même ordre idée, R2D2 est certainement (enfin, je dis ça mais ça ne regarde que moi) le personnage le plus attendrissant de la saga Starwars, et le fait qu’il soit petit et tout en rondeur, qu’il se déplace avec maladresse, et qu’il s’exprime avec des gazouillis n’y est certainement pas pour rien.

    N’en déplaise à David Cage -et pourtant j’ai adoré Heavy Rain que j’ai terminé d’une traite et que je considère comme l’évolution la plus aboutie du jeu d’aventure - j’ai été plus attendri par le companion cube de Portal que par la détresse du pauvre Ethan ; et en ce qui me concerne aller encore plus vers le photo-réalisme n’y changerait rien.

  2. Damien dit :

    En fait, c’est exactement ce que tu dis.
    R2D2 et les films Pixar sont situés en haut du graphique avant la chute.
    C’est par les gros yeux, les détails sonores, leur attitude vivante et pleine d’émotions qu’ils créent l’empathie.
    Tu regardes par exemple les personnages des Indestructibles sont super cartoon avec des traits exagérés qui correspondent à leur traits de caractère, le lien se crée de suite.
    Pareil pour Avatar, beaucoup de ressemblances avec les êtres humains mais suffisamment de différence pour ne pas tomber dans la uncanny valley.
    A contrario, comme tu le dis, Heavy Rain se situe dans la pente montante de la vallée, des fois on n’y prête plus attention, d’autres fois on est complètement sorti du jeu tellement les personnages créent une distance (les enfants par exemple).
    Autre exemples de visuels situés dans la vallée : Beowulf, Polar Express, Film Final Fantasy. Les imperfections font ressortir tout ce qui ne va pas et créent la distance.

  3. Romain dit :

    Je pense surtout, mais c’est vrai que c’est culturel et dépend de la sensibilité de chacun, que la chute n’a pas pour seule cause la ressemblance de type “inquiétante étrangeté” mais aussi - entre autres- l’abandon de traits attachants ; même si l’un va finalement avec l’autre.
    En tout cas, je ne suis pas certain que la courbe remonte aussi haut, ou en tout cas aussi vite, après la vallée.

  4. Thanks for the info… RSS feed added

  5. [...] côté des chocolatiers, Damien nous parle de la célèbre Uncanny Valley. Si vous n’aviez jamais entendu ce terme, il est temps de vous tenir [...]

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