Dégustation de Battlefield 1943

Battlefield 1943, voilà enfin le coupable d’un week-end du 14 Juillet maigre en mises à jour sur Games and Chocolate. Ce jeu est venu taper à ma porte il y a deux semaines et s’est depuis doucettement installé chez moi, alors que je jouais tranquillement à Call of Juarez : Bound in Blood (article à venir bientôt, je m’efforce de faire du teasing maintenant :p).
Alors que je suis encore un peu sceptique  à propos de Battlefield : Heroes, jeu auquel je n’ai pas vraiment réussi à accrocher, Battlefield 1943, lui, m’a pris par la main dès la première partie et depuis ne me quitte plus.

Le dernier opus de la série Battlefield est sorti sur Xbox 360 et PS3 par le biais de leur service de téléchargement en ligne respectifs : le Xbox Live Arcade et le PlayStation Network. Eh oui, le jeu est disponible uniquement en téléchargement, il ne possède pas de version boîte. C’est sa première particularité, ensuite c’est un jeu exclusivement multijoueur en ligne, contenant un seul mode de jeu (voir un deuxième plus anecdotique) et trois maps seulement. L’enrobage graphique est quant à lui digne des superproductions actuelles sur consoles de salon. Enfin, le tout est offert à un petit prix : 15€.

Voilà en gros, ce qu’est Battlefied 1943.

Battlefield 1943 - Screen 4

En terme de jeu, c’est un FPS de guerre où les japonais et les américains s’affrontent pour le contrôle d’une île.
Le joueur dirige un personnage dont il doit choisir sa classe : fusiler, fantassin ou sniper. Chaque classe possède ses spécificités : le fusiler détient une arme puissante, précise et pouvant tirer à distance, mais par contre assez lente. Elle peut également projeter des grenades ou alors, transpercer les ennemis au corps-à-corps à l’aide de sa baïonnette. Le fantassin est plus orienté combat rapproché avec sa mitraillette, il sait réparer les chars avec sa clé à molette (qui peut aussi servir à assommer à vie les ennemis) ou les détruire avec son bazooka. Enfin, le sniper, vous l’aurez deviné, tire à distance et tue les ennemis en un coup, passe pour un touriste en combat rapproché avec son pistolet et pose des dynamites contre l’artillerie lourde (bref, un fourbe, comme tous les snipers).

Le but du jeu est de capturer des zones (symbolisées par des drapeaux). Pour ce faire, il suffit de rester autour du drapeau pendant un certain temps sans ennemi dans les parages. Pour atteindre les points de contrôle, trois différents véhicules sont à disposition des joueurs (situés le plus souvent dans les bases) : la jeep (rapide, fragile et équipée d’une tourelle pour un compagnon averti), le char (lent, résistant et également équipé d’une tourelle) et l’avion (aérien, forcément, tirant à distance et pouvant faire office de bombardier). Dernière subtilité, le joueur a accès à quelques éléments spécifiques sur chacune des maps proposant chacun leur gameplay propre : des tourelles anti-aérienne, un bâtiment pour accéder au contrôle de trois bombardiers et… c’est à peu près tout (j’en ai peut-être oublié un). Il y a aussi des tranchées, des bunkers, des bâtiments, des tours à snipers, bref tout ce qu’il faut pour que chacun y trouve son compte.

Maintenant que tout le monde a eu le droit au briefing, passons à l’action.

Battlefield 1943 - Screen 3

Avant toute chose, je dois vous préciser que je n’ai pas vraiment eu l’occasion de jouer à Battlefield 1942, ou en tout cas pas suffisamment pour pouvoir comparer les deux jeux. Et même si cela avait été le cas, je ne souhaiterais pas les comparer. Il faut vraiment prendre BF1943 pour ce qu’il est : une adaptation partielle d’un hit PC sur console dont le gameplay a totalement été revu. Battlefield 1942, brut, ne fonctionnerait pas sur consoles de salon. Voilà, c’est dit. Poursuivons.

Autant l’accessibilité est à revoir sur Battlefield : Heroes, autant sur Battlefield 1943, DICE a tout compris. On arrive sur l’écran principal, premier bouton : “Rejoindre une partie” , on appuie, le service de match making fait son œuvre et on joue, tout de suite. On choisit sa classe par un menu très simple : deux mots pour définir chaque classe et les subtilités seront découvertes par le joueur sur le terrain.
Le seul petit problème que j’ai rencontré, c’est qu’il n’est pas dit clairement quelle est la couleur de notre équipe. Après quelques parties, on comprend vite qu’on incarne toujours la couleur bleu, mais au début on ne sait pas sur qui on doit tirer. Côté interface, le HUD ingame est super simple : la carte, la situation de chaque camp, les aides contextuels, le réticule de visée, les munitions et les dégâts à la couleur de l’écran.

En ce qui concerne, le match making (choix d’une partie adaptée à son niveau), sur la version d’essai on joue avec des personnes qui découvrent le jeu (en tout cas c’est l’impression que j’ai eue), comme nous, donc ça se passe très bien. Une fois le jeu payé, on arrive dans la fosse aux lions et c’est tout de suite un peu moins accueillant. On commence souvent par mourir puis les automatismes finissent par s’installer.
En parlant de la version d’essai, je la trouve plutôt intelligente : 30min de jeu non bridé, ça permet vraiment de se faire un avis et surtout ça donne envie de continuer. Il n’y a pas de possibilité de rester à la démo pour s’amuser, le joueur est donc obligé de payer s’il veut continuer à s’amuser. Bref, c’est bien vu.

Battlefield 1943 - Screen 6

Les classes sont bien équilibrées, il y a une vraie variété avec le choix des véhicules. Côté map, il faudra voir si les trois cartes suffisent. Ça peut paraître peu au début, puis on se rend compte qu’on découvre à chaque partie des nouvelles choses, on commence à vivre nos premiers moments épiques à certains endroits clés et donc à toujours vouloir y retourner. On s’y attache.  Bref, la replay value reste importante. Et puis, je vois bien venir un DLC à 5€ avec des cartes supplémentaires.

A ce propos, la quatrième map, Coral Sea, a été débloquée au bout d’une semaine de jeu sur Xbox 360 (il fallait faire en tout plus de 43 millions de frag). Elle propose un autre mode de jeu : un team deathmatch en avion. C’est beaucoup moins intéressant que le mode principal, même si on peut aussi s’y amuser. Ça fait également office de bon tutoriel pour l’avion et ça démystifie aussi un peu ce véhicule si prisé en cours de parties normales. J’aurais tout de même préféré avoir une quatrième carte sur le mode de capture des drapeaux…

Battlefield 1943 - Screen 2

On se faisait la réflexion avec mon compagnon de jeu (Thomas, pour ne pas le nommer), les maps sont tout de même assez similaires. En effet, au contraire d’autre jeux multijoueurs, ici les cartes sont toutes construites autour du même concept d’île et de capture de zones. Il n’y a pas de mécaniques qui diffèrent (en dehors de Coral Sea), juste la topographie. Donc ça rend le jeux plus accessible mais peut-être aussi un peu plus redondant.
Dans tous les cas, le level design est bien pensé, l’intégration des véhicules se fait très bien, la “destructibilité” des bâtiments apporte un vrai plus en terme d’immersion et de tactique : quand on explose un mur, la personne derrière se retrouve à découvert, quand il n’y a plus de structures, les joueurs deviennent visibles et plus vulnérables lors de la capture de zone. C’est loin d’être un gadget.

En parlant de gadgets, j’en ai plein comme ça. A ce titre, je ne vous ai pas encore parlé de la gestion des munitions. Au cours de mes premières parties, je me précipitais à chaque fois par réflexe sur le sac laissé par la mort de mes ennemis, alors qu’ils ne servent qu’à switcher de classe. Il n’y a pas de munitions à ramasser, le système fonctionne avec des recharges temporelles : une fois que vous avez utilisé toutes vos grenades, vous attendez une dizaine de secondes et elles réapparaissent dans votre équipement. Ca fonctionne vraiment très bien. Durant les premières heures de jeu, je n’ai même pas remarqué que je n’avais pas à me soucier des munitions. C’est excellent.

Autre détail, et pas des moindre, le gameplay est très fluide. Il n’y a pas d’à-coups dans les mouvements, ni dans la visée, c’est très agréable. Pas assez de FPS possèdent cette qualité sur console, Halo et Call of Duty font partie des bons élèves, mais par exemple, pour Call of Juarez ce n’est pas encore ça.

Côté graphique, c’est très réussi. Le jeu est coloré (plus pour certaines maps que d’autres), crédible, un peu exagéré avec un léger aspect cartoon. Ca fonctionne très bien et on distingue facilement les différents éléments.

Battlefield 1943 - Screen 5

Ce qui me plaît beaucoup dans Battlefield 1943, c’est son côté immersif : on a une véritable impression d’être sur le champ de bataille, les avions décollent des bases, les joueurs courent à côté, évitent les jeep, ça explose de partout. C’est super dynamique. Jouer avec ses amis prend aussi tout de suite une autre ampleur. On forme des groupes d’assauts, on met en place des tactiques, c’est grisant. Commencer à truster les premières places est vraiment gratifiant et puis il y a tellement de moments épiques dans ce jeu : aller capturer tout seul plusieurs drapeaux à la suite en éliminant tous les respawns, affronter des tanks avec un fusilier et ses grenades. Toutes ces occasions permettent de se créer ses propres histoires, signe d’un jeu bac à sable réussi.

Autre aspect important, je trouve que ce jeu a été conçu de manière très intelligente. Son Business Model est brillant : réutilisation du moteur de Battlefield Bad Company 2 (les destructions sont ici plus abouties que dans le premier) et de son gameplay, même banque sonore pour beaucoup d’éléments, remake du level design existant de Battlefield 1942. En terme de coût de développement, il y a une vraie économie/mutualisation, le contenu est faible (trois maps seulement) mais très bien réglé et sans failles. Le prix est très attractif pour le joueur (15€) avec une grosse replay value (jeu multijoueur, donc environnement incertain : aucune partie ne se ressemble). Enfin, il est sorti au bon moment, en été, dans le creux de la vague et c’est un jeu particulièrement adapté à des parties entre amis. Bref, c’est très bien vu.

Battlefield 1943 - Screen 1

Bilan très positif pour ma part. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas autant amusé sur un jeu multi, depuis Left 4 Dead en fait, ça méritait largement que je dépasse les mille cinq cent mots pour notre première Dégustation ! Vu que nous sommes contre le système de notes sur Games and Chocolate (le jour où la presse arrêtera de noter les jeux sur des critères arbitraires comme on le fait pour les produits de consommation, les jeux pourront commencer à être considéré comme des œuvres au même titre que les films, livres, BD, etc.), nous allons plutôt vous donner notre recommandation à chaque fin d’article (achat impératif, achat conseillé, à acheter après essai concluant, ne pas acheter avant une baisse de prix, etc.). Et j’ouvre donc le bal :

- - Battlefield 1943 : ACHAT CONSEILLÉ - -



4 Responses to “Dégustation de Battlefield 1943”

  1. Keita dit :

    Moi qui était tenté, je vais déjà test la démo ;). On se retrouvera peut-être sur le Live du coup :p.

  2. Thom dit :

    Kikou !
    J’attend Call of Juarez : Bound in blood pour savoir si je vais l’acheter. :-p
    Dis nous vite !

  3. [...] dans l’univers du jeu avec Damien des chocolatiers, qui nous parle du récent Battlefield 1943 (et me donne personellement une furieuse envie de m’y [...]

  4. Damien dit :

    @ Keita : on se fait une partie quand tu veux ;)

    @ Thom : Pour Call of Juarez, je pars en vacances vendredi (d’ailleurs faut que je l’annonce) donc j’aurai pas le temps de finir le jeu et l’article d’ici là :p Mais de toute façon, toi c’est pareil ;)

    @ Skoras : T’as pas de console, si ? De toute façon, Battlefield 1943 est prévu sur PC pour la rentrée (septembre, si je ne m’abuse).

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